"Allons, Léontine, en avant...marche, il est temps de partir." Marcel Proust
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15.5.11

Le gâteau de la victoire






Non les amis, vous ne rêvez pas. Le pouce en l'air, les cernes, l'accoutrement de chantier : ça y est, Léontine a trouvé sa demeure et c'est l'effervescence pour tout aménager! Les travaux ont commencé depuis une dizaine de jours (après quelques coupes de champagne et une danse de la victoire bien entendu) et c'est le rush! On s'affaire pour remettre à neuf la partie habitation tandis que les pros s'occupent de la partie commerce et le challenge est de taille : transformer un grand local peint en noir (oui en NOIR) en un lieu cool et lumineux où l'on pourra se prélasser dans un fauteuil, boire un thé, manger plein de gâteaux, écrire des lettres d'amour ou lire des romans russes (par exemple)! Il y aura aussi une mini partie épicerie avec des produits locaux et bio et aussi des ateliers de cuisine pour les kids. Pour l'instant ça ne ressemble pas à grand chose mais de jour en jour on voit le salon de thé apparaître sous les coups de pinceaux et la valse des outils manœuvrés avec dextérité par notre winning team! On fait sauter des coffrages, on perce, on rebouche, on creuse et on essaye de faire entrer un max de lumière! La cuisine n'est pas encore créée et il manque le petit coin, le noir transparaît pas mal sous la deuxième couche de peinture et il faut encore casser un bout de mur et dégager une porte ainsi que la montagne de bouts de bois et planches qui n'ont pas résisté à notre enthousiasme démolisseur.  
Évidemment, on est épuisés mais contents (mais épuisés mais contents quand même!); c'est le chamboulement dans la tête et il y a comme une sensation d'impatience et de trouille. Le projet a tellement évolué depuis ses prémisses et c'est une bonne chose! Il y a une tonne d'idées  qui sont passées à la trappe, d'autres qui ont fait leur chemin et j'espère qu'au final j'aurai réussi à faire de Léontine quelque chose qui me correspond et qui plaît aux gens!
En attendant plus d'infos sur le quand et le comment, vous pouvez suivre l'avancée des travaux et les anecdotes croustillantes sur la vie de chantier en vous branchant sur le facebook et le twitter de chez Léontine!
Tout ça c'est très chouette et pour fêter le dénouement, rien de tel qu'un cobbler pommes/rhubarbe dé-li-cieux. Évidemment avec des myrtilles ce serait encore meilleur (mhhhh la tarte aux bleuets du restau Le Bateau à Tadoussac...j'en rêve encore) mais on va pas chipoter! 




Victory cobbler
(d'après Let her bake cake)

Tailler au moins 500g de rhubarbe en petits tronçons et deux grosses pommes en dés. Les mettre directement dans un plat et saupoudrer avec 1 cuillerée à soupe de farine, quelques zestes d'orange et 120g de sucre.
Dans un saladier, mélanger 125g de farine + 2 cuillères à soupe de sucre vanillé + une pincée de sel + 1/2 sachet de poudre à lever. Ajouter un bon 50g de beurre demi-sel et sabler le tout. Battre un œuf avec 2 cuillères à soupe de lait (j'en avais plus alors j'ai mis de la crème délayée avec un peu d'eau à la place) et ajouter au mélange précédent. La pâte doit être épaisse.
Déposer de grosses cuillères de pâte sur toute la surface des fruits et enfourner à 180° pendant une demi-heure à peu près. Quand ça commence à sentir bon, que la pâte est dorée et que le jus des fruits s'échappe par les côtés, c'est que c'est prêt!
Pas très présentable mais exquis :)


15.2.11

Long time no see

Ok, ok, ça fait très très longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles du projet. Ou mis à jour la playlist du mois. Ou discuté de ce qui se prépare en cuisine. Que voulez-vous, il y a des périodes où on a beau faire ce qu'on veut, les choses n'avancent pas et c'est désespérant. L'année 2011 n'a pas commencé sous les meilleurs auspices -des refus, des refus et encore des refus, la mort du petit chat, le manque de motivation, les batailles contre les moulins, ce genre de trucs. Heureusement, le vent finit toujours par tourner (c'est une pensée réjouissante) et ma foi, on dirait bien que notre petit navire se remet à voguer toutes voiles dehors. Encore quelques semaines de patience et, dès que j'aurai récupéré les clefs de chez Léontine, le blog devrait reprendre pas mal du service! 
J'ai tellement hâte de pouvoir vous montrer les photos du lieu, l'avancée des travaux et les petits détails. Oh et puis aussi vous présenter la team Léontine et tout ce qui touche à la mise en place du petit café-salon! Comme pour le moment on attend les résultats des trois millions de rendez-vous, de dossiers, de présentations qu'il a fallu assurer pour convaincre un maximum de gens de bien vouloir nous suivre dans l'aventure, on en profite pour se concentrer sur l'organisation des semaines à venir, glaner des conseils précieux et surtout réfléchir, réfléchir, réfléchir. 
On brainstorm un maximum sur la carte, on fait plein de listes et de gribouillis, des fois on danse et on boit du vin pour relâcher la pression, on se retrouve entre voisines autour d'une très bonne assiette et on va se nicher entre sœurs dans les fauteuils des salles obscures (on en ressort mitigées à cause de la pire fin de film qu'il était possible d'écrire mais les macaroni and cheese dans la cuisine, le burger au petit salon et la citronnade au bord de la piscine m'empêchent de déconseiller totalement ce film; dès qu'il y a de la nourriture à l'écran, mon avis est faussé).
[La désillusion le jour où j'ai réalisé que l'appétissante écume blanche qui recouvre le visage de Mickey n'est pas de la crème chantilly mais de la mousse de bière!  J'ai pourtant tellement salivé devant cette scène. Je reste ultra fan malgré tout  du Gallopin' Gaucho : les expressions des personnages, les gestuelles et les bruitages sont merveilleux! Regardez!]




A part ça, je teste et re-teste les recettes. Je suis toujours à la recherche du gâteau au chocolat parfait : gourmand et décadent mais surtout pas lourd ou gras en bouche. Et je crois qu'on s'en approche! Encore quelques ajustements et ça devrait être bon (les billes argentées bling-bling sont optionnelles mais j'aime bien parfois quand il y a un peu de kitsch!)  : 



Celui-là était à la fois moelleux et fondant, pas écœurant avec un vrai goût de chocolat. Yum! On n'est que deux et on en a déjà englouti un quart au petit-déjeuner, oops. Heureusement, on mange plein de légumes à côté (des légumes et des gâteaux : l'alimentation idéale selon moi). En ce moment, mon plat préféré pour les soirs de flemme : des pommes-de-terre vitelottes, des carottes, des navets boule d'or cuits une dizaine de minutes à l'eau bouillante puis massés avec de l'huile d'olive, de l'ail écrasé (beaucoup d'ail), du thym et de la fleur de sel. On met une petite demi-heure au four avec du fromage de chèvre ou du pécorino émietté par-dessus. Et si il y a une salade d'endives rouges (avec des noix, des pommes et des échalotes) pour accompagner, c'est magique!



That's all folks! La prochaine fois, j'espère que j'aurai de la peinture plein les cheveux et une tonne de photos à vous montrer :)

10.12.10

München

La fin 2010 est savoureuse, malgré le stress (oui encore lui!) et le sommeil pauvre : des papiers enfin signés, des rendez-vous sérieux, des idées en pagaille. Un tête à tête à München, sous la neige, avec beaucoup de vin chaud et beaucoup de bretzels. Atterris en pays froid un dimanche, nous avons eu quelques heures pour flâner, choper un plan du U-bahn et se féliciter d'avoir pensé aux gants et aux oreilles et c'était déjà l'heure du rendez-vous incroyable avec un de mes groupes préférés, dans une salle vraiment cool et remplie à bloc. Le lieu, la (bonne) bière en gobelet d'un demi litre, les gens en osmose et l'énergie ultra communicative d'Arcade Fire ont fait de cette soirée un souvenir intense. Sur ma liste de trucs à faire dans la vie, je peux maintenant faire une petite croix à côté de "voir Arcade Fire en concert" et ça c'est wunderbar! Arigato gozaïmaaasu Gaspard :)


On peut voir la setlist ici et mes photos en-dessous qui valent peanuts mais c'est pas bien grave :



A part Arcade Fire, le glühwein et les balades par -10°, on s'est réchauffés dans un minuscule café-bar tenu par une grecque très gentille et qui fait de très bons muffins au chocolat (sur Augustenstraße, près de la station Theresienstraße), vaincu le blitz de la currywurst mais il s'en est fallu de peu, acheté des bredele à grignoter devant "das perfekte Dinner" (oui oui, et c'est encore pire qu'en France!), fait un tour à la très belle Pinakothek der moderne dont la partie architecture était malheureusement fermée au public (mais les sections design et art contemporain sont très chouettes), mangé des ramens extra dans un petit restaurant plein de totoros, pris le petit-déjeuner au Konditorei Karl Schneller (le stollen et le gâteau aux noix étaient exquis!), voulu tenter notre chance au Hofbräuhaus et puis en fait non (trop de mamies fourrures acariâtres) et mangé pleeeiiinnn de fromage et de jambon au Frühstück de l'hôtel et c'était fabuleux! Aurait-on passé notre temps à manger à München? Eh oui! Parce que l'amour et l'eau fraîche, merci bien mais où est passée la gourmandise?! D'ailleurs de tous les biscuits qu'on avait ramenés dans nos poches, eh ben il ne reste déjà plus rien, cf :




(On peut cliquer pour voir en grand!)

Et puis comme c'est déjà le mois de décembre et que dehors ça commence à sentir Noël et que la quête  munichoise des Kipferln à la noisette s'est révélée infructueuse, il était temps de mettre soi-même la main à la pâte! Pour la recette, j'ai suivi quasiment à la lettre celle de Pauline qui a toujours de très bonnes recettes (allez jeter un œil chez elle, son blog est vraiment chouette et l'index de ses recettes vertigineux!).



Kipferln à la noisette et au chocolat
(pour une trentaine de biscuits)

-60g de noisettes
-125g de farine
-90g de beurre demi-sel à t° ambiante
-50g de sucre

Four à 180°
Réduire les noisettes en poudre et faire torréfier quelques minutes au four ou à la poêle (bien surveiller, ça brûle vite!)
Mélanger tous les ingrédients dans un grand bol et travailler jusqu'à obtenir une pâte homogène (elle est assez friable).
Former des petits boudins de pâte incurvés, légèrement plus fins aux extrémités et disposer sur une plaque couverte de papier cuisson.
Au four une quinzaine de minutes. Quand c'est légèrement doré, sortir du four et laisser refroidir totalement.

Pour le glaçage :
-80g de chocolat noir
-une belle noix de beurre
-un trait de sirop d'agave

Faire fondre le chocolat et le beurre au bain marie.
Quand le mélange est lisse, ajouter le sirop d'agave et mélanger.
Tremper la moitié de chaque Kipferl dans le chocolat, laisser sécher sur une plaque couverte de papier cuisson. Quand c'est bien sec, mettre dans une boîte et conserver au frais.

La photo ci-dessus ne leur rend pas du tout hommage mais ils sont extra-licious! La texture est bien sableuse, on sent la noisette juste comme il faut, le chocolat fond dans la bouche et la petite pointe de sel à l'intérieur est top! A bientôt :)

25.11.10

Les jours parfaits

Ce mois-ci, il y a eu des journées faites de balades en vélo, de burgers excellents, de banquettes en skaï, d'expos étranges et d'autres qui font frissonner, d'une (très) vieille et divine bouteille de vin, de repas japonais fait maison et en famille, de papiers cadeaux et de livres en pagaille, de séances de cinéma à 17h (ce film, plein d'énergie et d'émotions qui donnent des picotis sur la tête et les avant-bras), de premiers feux de cheminée, de plumes, de danse jusqu'au petit matin, de gens heureux, de discussions avec de charmantes voisines, d'arbres à demi nus et de feuilles craquantes. Il faudrait aussi évoquer les nouvelles baskets bleues, l'écharpe à fleurs ressortie du placard, la recette du gâteau aux noix, l'anniversaire surprise d'un grand-père ému, une piqûre d'abeille, le choc esthétique devant les dessins de Seiichi Hayashi, la splendeur des courges du marché, les films japonais aux personnages un peu jobards et les projets à venir. En somme, des journées parfaites. 


Hisaichi Ishii, Mes voisins les Yamada . Seiichi Hayashi, Elégie en rouge . Florent Chavouet, Manabe Shima . Naoko Ogigami, Kamome Shokudo 

Et il faut bien ça pour compenser l'attente, le stress et la méchante humeur qui s'invite un peu trop souvent parfois. Heureusement, les contours du projet se dessinent de plus en plus précisément et certaines facettes commencent à émerger de la surface du réel : une bonne nouvelle de plus à ajouter au compteur.  Pour fêter ça, on peut faire un Sponge Cake :






 Sponge Cake
(pour un moule de 20cm à hauts bords)

-5 oeufs

-200g de sucre
-135g de farine

-1cc d'extrait de vanille

Four à 180°.

Séparer les blancs des jaunes.
Battre les jaunes avec le sucre jusqu'à ce que la préparation soit bien pâle et aérée, ajouter la vanille.
Battre les blancs en neige ferme.

Mélanger délicatement un tiers des blancs au mélange jaunes/sucre, puis la moitié de la farine (tamisée pour les plus courageux). Répéter l'opération jusqu'à ce que tout soit incorporé.
Verser dans le moule chemisé, saupoudrer de sucre et au four pour environ 45 minutes.
Le dessus doit être craquant et la pointe d'un couteau insérée au centre doit ressortir à peu près propre (mais pas trop).

Après, une fois refroidi, on peut le couper en deux horizontalement et le garnir de confiture ou de crème fouettée ou de fruits frais ou le saupoudrer de sucre glace, enfin on en fait ce qu'on veut. Quand on le coupe en parts généreuses,  on entend comme un bruit de nuage qui fond et ça en fait un gâteau parfait pour regarder tomber les premiers flocons de la saison! Profitez bien des derniers jours de novembre :)


4.11.10

An apple a day

Chaque année, le même constat : j'ai beau trouver à chaque saison un charme discret, l'automne reste définitivement ma favorite. Il y a ce parfum dans l'air tellement caractéristique: une odeur de brouillard, d'humus et de feu de bois. Par-dessus tout, il y a l'odeur qui se dégage des cheminées de la sucrerie. Dans la famille, on dit "ça sent la campagne" et personne ne se méprend sur la signification de cette phrase. Chaque année, quand les premières effluves de campagne se font sentir, je suis extatique. C'est ma madeleine de Proust, l'odeur de mon enfance et elle annonce tous les plaisirs de l'automne : les balades en forêt, les veloutés de champignons , les tartes au potiron, la traversée en train de paysages brumeux, les goûters devant la cheminée, l'humidité piquante de l'air, les précieuses couleurs des fruits de saison.
L'an dernier, en cherchant un moyen d'écouler des pommes, je suis tombée sur la recette de Mélissa du blog The Traveler's Lunchbox. Simple et délicieuse, à tel point qu'il a fallu la faire et la refaire tout l'automne.


Gâteau-tarte aux pommes
(Pour un moule à tarte classique)

-3 grosses pommes pelées, épépinées et coupées en tranches fines
-1 cc de jus de citron
-120g de sucre blond
-140g de beurre salé
-1 petite cc d'extrait de vanille 
-2 oeufs battus légèrement
-130g de farine

Four à 180°.
Beurrer généreusement le moule, y verser les pommes. Ajouter le citron + 2cs de sucre et mélanger.
Faire fondre et chauffer le beurre jusqu'à ce qu'il soit noisette. Ajouter la vanille et laisser refroidir quelques minutes.
Fouetter vigoureusement le sucre et le beurre jusqu'à obtenir une préparation aérée.
Ajouter les œufs, bien mélanger.
Ajouter la farine et amalgamer rapidement.
Ensuite on verse sur les pommes, on saupoudre d'un généreux voile de sucre sur toute la surface et on enfourne pour 30 à 40 minutes.
Le dessus doit être doré et croustillant.

Nb: j'ai quand même diminué les quantités initiales de beurre et de sucre et pour mon goût, c'est très bien comme ça. Pour ceux qui n'ont peur de rien, se référer à la recette originale.

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En bonus, quelques trophées ramenés d'une balade en charmante compagnie :


(On peut cliquer pour voir plus grand)

27.10.10

Du vrac et un cake au citron


Un billet en vrac pour casser le silence et se maintenir à flot! 
Beaucoup de petites choses ces temps-ci, des affaires funs et des moins drôles ( = retourner un peu sur les bancs de l’école et apprendre des trucs sur la règlementation sanitaire, les arrêtés préfectoraux, les peines encourues si on ne fait pas tout comme il faut, ce genre de trucs). L’automne est bien là : le froid qui pique, les feuilles qui tombent et craquent, la lumière un peu blanche. Alors on se réunit autour de nouilles sautées et de bo bun dans notre nouvelle cantine favorite, on va voir des films chouettes avec des images super belles, une BO pas pire et un accent qui donne envie de vite retourner là bas :



On se réchauffe aussi les pieds contre la porte du four qui abrite toujours quelque chose; par exemple un cake au citron acidulé et moelleux. Pour ça c'est facile : 


Pendant que le four préchauffe (180°), il faut battre dans un grand bol 2 oeufs + 90g de sucre pendant quelques minutes. On fait fondre 25g de beurre dans une petite casserole et on ajoute 75g de crème liquide (végétale ça marche aussi bien). On ajoute ensuite 100g de farine, 1/2 cc de poudre à lever et les zestes d'un citron bio au mélange œufs/sucre. On prélève trois bonnes cuillères de cette préparation qu'on mêle intimement au  mix beurre-crème. On reverse tout ça dans le grand bol, on incorpore avec application et on verse dans un petit moule rond (15cm). 
Au four une bonne demi-heure!
Pendant ce temps : mettre le jus du citron précédemment évoqué dans une petite casserole avec 40g de sucre glace et chauffer doucement jusqu'à obtenir un sirop.
Maintenant le final, qui donne toute sa dimension cool au gâteau : le piquer à la fourchette sur toute la surface dès la sortie du four, verser dessus petit à petit les trois quarts du sirop, laisser refroidir.
Mélanger le reste du sirop à du sucre glace pour former un glaçage épais mais pas trop et faire couler sur le cake (
avec luxure). Laisser sécher à température ambiante.
La recette est adaptée de celle de Fanny du blog Foodbeam et c'était pile ce qu'il fallait pour accueillir l'automne et les premiers froids.


A part ça, concernant notre petite affaire, ça commence à avancer question papiers, hourah! C'est un peu maigre mais c'est malgré tout une bonne nouvelle et ça donne envie de sauter de joie à dos de chaton épileptique (voir plus bas) (attention : ça rend fou!). Sinon, en attendant d'avoir plus de substance à se mettre sous la dent et du coup, plus de choses à partager ici, je vous conseille :
.d'aller faire un tour chez Guillaume Long dont les tribulations culinaires et le trait décontracté sont un régal
.d'aller écouter sur Arte Radio les troublants poèmes d'un curieux vieil homme prénommé Alain Hispiwack
.de suivre le webdoc New York Minute sur Arte.Tv (en six épisodes, un par semaine)
.de vous procurer le dvd d'American Splendor (à regarder en partageant une bouteille de vin et une énorme pizza maison, c'est encore mieux!)
.de (re)lire Christophe et son oeuf (C.Fuentes), Brooklyn Follies (P.Auster), La Nausée (JP.Sartre) ou Mrs Dalloway (V.Woolf)
.ou bien de suivre ce petit manifesto découvert par hasard sur la toile :


A bientôt pour la suite des aventures!
Photobucket

21.9.10

Same old, same old (Extrait de vanille maison)

Une chanson me trotte dans la tête depuis quelques jours, impossible de m'en défaire et la voix de Tom Jones me poursuit partout. Non Pussycat, rien de nouveau dans l'affaire qui nous intéresse. Pour ceux qui meurent d'envie de savoir la fin et qui n'en dorment plus tellement le suspens est à son comble, il va falloir s'armer d'encore un peu de patience! Alors entre deux coups de téléphone et les listes de choses à faire qui ne raccourcissent jamais, rien de mieux qu'un peu d'agitation dans la cuisine pour faire le vide. On met un disque qui donne la pêche, on se trémousse et on s'affaire en remuant très fort les bras dans tous les sens. On ressort de là avec de nouvelles recettes (gâteau aux carottes, financiers, petits chaussons aux légumes), les idées claires et une réputation de jobard auprès des nouveaux voisins, outch! J'ai profité d'une de ces sessions pour refaire les stocks d'extrait de vanille : les clés du local ont beau tarder à atterrir entre mes mains, c'est pas une raison pour se tourner les pouces et ne rien faire. On y croit, on y croit!



Extrait de vanille maison
-250ml de vodka (la plus cheap possible, ça n'a pas d'importance)
-5 belles gousses de vanille fraîches
-toutes les gousses usées que vous avez sous la main

Stériliser bocal + couvercle en les plongeant 10 minutes dans de l'eau bouillante.
Remplir de vodka.
Ouvrir les gousses de vanille en deux dans le sens de la longueur, les gratter délicatement pour retirer les graines.
Plonger les graines et les gousses dans le bocal, refermer et bien secouer.
Attendre quelques semaines que la vanille ait libéré tout son arôme et voilà!

Notes:
-Conservez le bocal dans un endroit sombre et frais (sous l'évier chez moi)
-Remuez le bocal régulièrement
-Ajoutez des gousses usagées au fur et à mesure
-Certaines recettes préconisent d'enlever les plus vieilles gousses au bout de 8 semaines et de passer l'extrait  à travers un tamis fin pour retirer tous les morceaux de gousses décomposés. Moi je garde tout!
-Je préfère attendre quelques mois avant de consommer l'extrait, la saveur est plus prononcée et la couleur magnifique!
-
On trouve de la très bonne vanille dans certaines boutiques ebay. Pour la crème de la crème, il faut passer par Alain Abel, LA valeur sûre en la matière.


17.9.10

La revanche de l'Eton mess

Vous vous rappelez cette poisse qui avait fait courir ma tentative d'Eton mess à sa perte, il y a quelques jours? Eh bien cette fois, pas d'œuf qui explose ni de sucre glace sur tous les murs de la cuisine : tout est allé comme sur des roulettes et on a pu plonger avec luxure dans les petites montagnes meringuées, en regardant une émission "culinaire" bidon qui ne vaut en rien les aventures d'un célèbre petit chef de dessin animé. Ici malheureusement,pas d'extase ni de jury courant tout nu dans les nuages et pleurant des rivières de fleurs par les oreilles. Pour la peine, on s'est servi des portions d'Eton mess deux fois plus grosses que la moyenne et là, c'est nous qui avons vu des étoiles multicolores et des poneys galopant sur des double rainbows!



Pour le meilleur dessert du monde :
(recette pour trois fans de Gaspard Savoureux)

Les meringues :
-3 blancs d'oeufs
-60g de sucre
-60g de sucre glace
-qq gouttes de jus de citron
-une pincée de sel

Four à 100°max.
Battre les blancs d'œufs en neige additionnés d'une pincée de sel et de quelques gouttes de jus de citron.
Quand ils commencent à devenir fermes, ajouter le sucre petit à petit.
Quand le sucre est bien incorporé, on ajoute délicatement le sucre glace à la maryse.
Faire des petits tas à la cuillère sur une plaque couverte de papier cuisson et au four pour 2h pour des meringues bien sèches et bien croquantes.
Après on éteint le four et on laisse les meringues refroidir à l'intérieur.

La crème fouettée :
-Une briquette de crème entière
-1 cs de sucre glace
-1 cc d'extrait de vanille

Dans un grand bol bien froid, on bat la crème avec le sucre jusqu'à la consistance désirée.
On ajoute l'extrait de vanille un peu avant la fin et on réserve au frais.

Quand on est prêt à servir, casser les meringues en gros morceaux dans un grand bol, ajouter une belle portion de crème et parsemer des dernières fraises de la saison. Comme on est du genre intrépide, on rajoute même des éclats de meringues sur le dessus, eh oui.


♥
Notes :
-Pour la cuisson, à adapter selon le four et la taille des meringues. Ici, je les laisse un peu plus longtemps que 2h, le four ayant des performances de cuisson amoindries après s'être un jour auto-démantelé pour une obscure raison (chute soudaine de la vitre extérieure du four = un million de petits morceaux de verre au sol et une danse du ventre pour éloigner le mauvais œil).
-Il n'y a pas trop de sucre dans ces meringues parce que je préfère comme ça, mais sinon le ratio officiel c'est à peu près 30g de sucre en poudre + 30g de sucre glace pour 1 blanc d'œuf. C'est dit!

3.9.10

Marcel the shell (end of summer tart)


Cette semaine, il y a eu quantité de coups de fil, à jongler entre les uns et les autres, personne ne semblant s'entendre et chacun revenant au point de départ comme si la ligne du temps était rayée et que le disque tournait en boucle. Ne sommes-nous pas déjà passés par ici il y a exactement une semaine? Beaucoup de méandres kafkaïens qui donnent mal à la tête et retardent un peu plus le dénouement de toute cette affaire et le début de la grande aventure. Cependant, à moins que l'univers administratif ne subisse encore à mon insu quelques ellipses spatio-temporelles, la fin du mois de septembre devrait être empreinte de félicité.
Mais parce que la vie n'est pas mal faite, beaucoup de petits bonheurs sont venus contrebalancer tout ça. Par exemple, des makis en très bonne compagnie, une terrasse entre amies (et siroter du vin à une heure indue de la journée), la découverte des délicates illustrations de Yelena Bryksenkova et l'envie de retrouver pinceaux et aquarelles, une nuit complète et presque sans rêve, des gousses de vanille qui laissent  incrusté sur les mains un parfum merveilleux, l'anniversaire d'un petit frère à préparer, une belle lumière quotidienne pour prendre plein de photos et l'humour incroyable de Marcel the shell :



-Guess what I use as a pen. I use a pen but it takes the whole family.
-Guess what I do for adventure. I hang glide on a Dorito.
-Sometimes people say my head is too big for my body and then I say "Compared to what?"
AhAH!
Marcel = ♥

Après ça, comme c'était le jour de la rentrée et qu'il faut toujours se donner du courage, j'ai fait une tarte.



La tarte de fin d'été


La pâte :

(quantités pour deux petites tartes)
-250g de farine
-2cs de sucre
-120g de beurre salé
-1 œuf
-environ 2 cs d'eau très froide

Dans un saladier, verser la farine et le beurre froid coupé en dés et sabler du bout des doigts.
Battre l'œuf avec le sucre et verser sur le mélange farine-beurre.
Mélanger au couteau en "coupant" à travers la préparation.
Ajouter l'eau et re-mélanger au couteau.
Quand la pâte est plus ou moins amalgamée, travailler rapidement avec les mains pour former une boule.
[Si la pâte est un peu trop sèche, ajouter de l'eau (1 cuillère à soupe à la fois)  jusqu'à obtenir la consistance voulue]
Diviser en deux boules, aplatir grossièrement, filmer. En mettre une au frais pour une heure et l'autre au congélateur si on ne compte pas s'en servir dans les 2-3 jours qui suivent.

La garniture : 
-un bol de mirabelles
-une figue bien mûre
-1cs de farine
-1cs de sucre
-les graines d'une gousse de cardamome

Four à 180°.
Dans un bol, mélanger les mirabelles dénoyautées et coupées en deux, la figue en quartiers fins, la farine, le sucre et la cardamome pilée.
Sur une plaque recouverte de papier cuisson, abaisser un disque de pâte assez finement, saupoudrer de semoule très fine et verser la garniture en laissant un rebord de 2cm.
Replier le rebord sur les fruits, le badigeonner avec un peu d'eau ou de lait et saupoudrer d'un voile de sucre.
Enfourner pour une trentaine de minutes.
Quand c'est doré sur les bords et que le jus commence à faire des bulles sirupeuses, c'est prêt!


Ps: Merci Vaness pour le plat à gâteau :)

1.9.10

Pains pita

On aimerait bien que l'été s'étire et qu'il flotte encore ce parfum de fin d'août caractéristique : la sensation d'indolence, les guirlandes d'origami, suspensions d'ampoules, crumbles, limonades maison, dessins au 2B, apéros du soir à la fenêtre (ou pieds nus dans l'herbe pour les bien lotis), cueillette de framboises et mots fléchés au grand air. Pour faire comme s'il ne s'était pas déjà remis à faire un peu moche, on s'acharne avec un basique des beaux jours : le pain pita maison moelleux et garni de tous les légumes d'été et petits restes qui nous tombent sous la main.



Alors pour 4 bonnes natures en goguette, il faut* :

-250g de farine
-1 cc de levure sèche de boulanger
-150 ml d'eau tiède
-1 cs d'huile d'olive
-1/2 cc de sel
-une bonne pincée de sucre

Mélanger la farine, la levure, le sel et le sucre.
Faire un puits et y verser l'eau et l'huile.
Mélanger à la cuillère en bois puis pétrir à la main 1/4 d'heure.
Ensuite on laisser poser une bonne heure à l'abri d'un linge propre.
[Si on a la flemme, on verse tout dans la cuve d'une machine à pain et on lance le programme pâte]
Quand la pâte est bien gonflée, on dégaze, on divise en 4 boules que l'on aplatit sur 1/2 cm d'épaisseur et on laisse poser à nouveau une heure, toujours à couvert.

Pour la cuisson :
Étaler à nouveau les pitas sur un peu moins d'1cm d'épaisseur (en farinant le plan de travail pour éviter les accidents) et :
-soit on fait cuire la pita dans une poêle à sec chauffée à feu moyen/fort (2 min de chaque côté)
-soit on préchauffe le four au maximum en y glissant une plaque légèrement graissée. Quand c'est bien chaud, on dépose les pitas sur la plaque, on enfourne et on surveille de près, ça va vite. Quand elles sont bien gonflées et dorées, c'est prêt!


Après on ouvre et on garnit avec ce qu'on aime.
Mon mix préféré : carottes râpées/concombre/rondelles de radis/basilic frais/oignon rouge émincé/fromage de brebis/graines en tout genre et un trait de jus de citron.
Découpé en petits triangles et passé au grille-pain, c'est aussi parfait pour accompagner des tartinades ou du Lou Gascoun (♥).

A grignoter sur une serviette à carreaux avec un verre de rosé bien frais!

*La recette est de Pascale Weeks qui signale également celle-ci tirée du blog Le Pétrin. Celle du Pétrin donne des pitas un peu plus moelleuses et goûtues mais plus longues à faire. C'est comme on veut!

27.8.10

Avant la tempête

Les amis, beaucoup de choses se jouent ces temps-ci. C'est un peu le calme avant la tempête et l'air est chargé d'incertitudes et de petits émois : le projet est en passe de  connaître une grande avancée -impliquant local, gros sous et papiers de toute sorte- mais j'en parlerai mieux quand les choses seront faites. En attendant, il faut bien tromper l'attente et le stress en se concentrant sur autre chose. C'est ainsi qu'un matin, je décide qu'un Eton mess aux fraises serait des plus appréciables pour le goûter : des meringues craquantes, une bonne crème fouettée maison, quelques fruits rouges et hop, le tour était joué. Mais c'était sans compter le stress sous-jacent qui me fait tout faire de travers en ce moment : les choses se sont corsées dès le début et les meringues étaient fichues d'avance.
A la place et en trois coups de cuiller à pot un peu au pif, un petit gâteau décomplexé est sorti du four. Rustique et légèrement sec sur les bords, il faut bien l'avouer. Malgré tout, avec de la confiture de fraises de mon grand-père et une grande tasse de thé, c'était parfait!




Shameless Cake
Pr un moule à cake
(proportions approximatives)

-120g de farine
-80g de sucre blond
-80g de beurre salé
-2 œufs
-1 belle cs de miel de châtaigne
-1 gousse de vanille
-un demi sachet de poudre à lever

Faire fondre le beurre avec les graines de vanille jusqu'à ce qu'il soit noisette.
Fouetter oeufs + sucre + miel pendant 2min.
Ajouter le beurre, bien mélanger.
Ajouter la farine et la poudre à lever, mélanger.
Verser dans un moule à cake chemisé de papier cuisson et enfourner à 180° pour une petite demi-heure.
La pointe d'un couteau doit ressortir propre.

Déguster une part, fermer les yeux et chasser la fébrilité en écoutant ça.